Cela faisait cinquante ans que l’on n’avait pas vu un match de football gaélique [un mélange de football et de rugby à XV] dans les quartiers est de Belfast, et près de quatre cents ans que l’on n’y avait pas assisté à un match de hurling [un sport ancestral irlandais, sorte de cousin du hockey sur gazon]. L’équipe de football de St Colmcille a été dissoute quand la ville a sombré dans le conflit nord-irlandais [1968-1998] et la dernière partie de hurling inscrite dans les annales date du temps de lord Conn O’Neill, comte de Tyrone, au XVIe siècle.

“Tous les âges, sexes et classes sociales”

Généralement associés au mouvement nationaliste [partisan de la réunification de l’Irlande], les sports gaéliques font désormais un retour inattendu dans ces quartiers traditionnellement unionistes [partisans du maintien de l’Irlande du Nord dans le Royaume-Uni]. Mi-octobre, le club de Belfast Est de l’Association athlétique gaélique (GAA) a achevé sa première saison sur un triomphe. C’est pour tromper l’ennui durant le confinement de mai dernier que Dave McGreevy et Richard Maguire ont eu l’idée de former ce club. Adepte de football gaélique, McGreevy venait juste de s’installer dans les quartiers est de Belfast avec sa fiancée. “Richard et moi avons grandi avec les sports gaéliques ; nous sommes tous les deux à un âge où nous pensons à avoir des enfants, donc nous voulions avoir une équipe dans le quartier.”

Désireux d’attirer toutes les catégories de population, McGreevy a créé un compte Twitter reprenant l’emblème des chantiers navals Harland and Wolff [où a été notamment construit le Titanic] en guise d’avatar, et invité des joueurs de “tous les âges, sexes et classes sociales” à s’inscrire. “Mon téléphone a explosé ! À l’heure du déjeuner, nous avions déjà des centaines de réponses”, se souvient-il. Avec plus d’un millier

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Anna Cafolla
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